Roman: Il n'est pas mort, mais moi...? Le mot de l'auteure "Je ne suis pas Precious !"

11/10/2018

            Ce livre est une fiction. Une histoire sortie tout droit de mon imagination. 

Je ne suis pas Precious. Je n'ai jamais connu de Garrett. Mais comme tout le monde j'ai souffert, j'ai aimé et j'ai été aimée, parfois trop, parfois mal, et je n'ai sans doute moi non plus, pas toujours agis de la meilleure façon qui soit avec ceux à qui je tenais. J'ai combattu et je combats toujours, certaines douleurs physiques, dont on ne sait rien malgré des années d'examens médicaux. 

Cette fiction est née d'une conviction personnelle, celle que notre corps a une mémoire infaillible, qu'aucun de nous ne peut berner, et dont il vaut mieux se faire une alliée.

Notre corps est un disque dur, plus volumineux, efficace et indestructible que tous ceux que nos plus illustres ingénieurs n'inventeront jamais.

Nous portons en nous notre mémoire, des réminiscences conscientes bien sûr, ces images que nous gardons de notre enfance par exemple, mais surtout, des souvenirs inconscients. Ceux que nous avons recouverts de tant de couches de peinture différentes pour les oublier, les effacer, qu'en effet, nous ne les voyons plus. Mais telle la couleur sur ce rempart, aussi salvateur soit-il dans l'instant, celui que nous avons construit tout autour de nous pour nous protéger dans les moments les plus difficiles de nos vies, la douleur liée à chacun de ces instants vécus subsiste, et avec le temps, si nous n'y prêtons pas attention, nous détruit, petit à petit !

La peine est toujours là, tapie sous ce camaïeux de roses dont nous l'avons enduite. Elle attend, le moindre signe de faiblesse, la moindre brèche, le prochain événement qui écorchera le revêtement savamment apposé et lui permettra de se rappeler à nous.

Et notre disque dur a matière à nous empoisonner. Chaque facteur stress, chaque souffrance, chaque deuil, chaque déception. Nos larmes, nos ruptures, nos défaites, nos abandons, tout est minutieusement rangé dans les millions de tiroirs de notre mémoire. Heureusement ces compartiments renferment également nos joies, nos victoires, les gestes tendres, reçus et donnés, les mots d'amour, les regards bienveillants, les encouragements, les rires...

Ce que nous ignorons encore bien trop souvent, c'est que ce disque dur n'attend pas que nous sortions du ventre de notre mère pour se mettre en activité. 

Il enregistre déjà chaque ressenti, chaque peur, chaque envie ou refus de nous voir venir au monde, dès l'instant où nous germons, de grès ou de force, dans l'esprit de nos parents. Il réceptionne et conserve en nous chaque pensée, chaque habitude, chaque douleur éprouvée par cette mère qui ensuite nous porte pendant des mois.

Voilà de quoi éclairer un peu nos lanternes quant à ces cycles que nous reproduisons souvent sans cesse jusqu'à la fin de notre vie si nous ne décidons pas un jour de sonder cette mémoire, ce corps, qui nous fera dès lors tant souffrir et ce jusqu'à notre mort, parfois prématurée. Ces cycles bien souvent identiques à ceux de nos parents, et de notre mère en particulier.

Notre enveloppe corporelle, faite de tissus, d'os, de cellules, de sang, d'eau et d'énergie entre-autre, fera de nous des esclaves de ces souvenirs, et prendra la main sur nos comportements, ou créera de réelles douleurs physiques, migraines, maux de dos, problèmes intestinaux et j'en passe. Des souffrances dont aucun médecin ne viendra à bout tant que nous n'en aurons pas trouvé la cause au plus profond de nous.

« Il n'est pas mort, mais moi... ? » raconte tout cela, en filigranes. L'amour, la joie, la tristesse, les souvenirs, le déni, la douleur, les héritages familiaux engrammés, la vie, la mort.

Ce roman est le mien, le vôtre, celui que vous conseillerez à vos ami(e)s, vos enfants, vos parents, que vous aimerez, ou détesterez, probablement pour des raisons assez analogues hormis les histoires de goûts... Et de couleurs.

Cet ouvrage n'est pas une thérapie, mais il est néanmoins un pas vers moi-même, une façon peut-être de commencer à gratter de mes mots la première couche de peinture apposée sur mes maux.