Prologue 1er roman

01/01/2018

Paris. 19 décembre. 14H48. Il doit faire au mieux 1°C mais je sens à peine le froid. En réalité je ne sens rien. Je ne ressens rien. Ni le froid, ni la colère, ni la tristesse. Je suis comme anesthésiée, chloroformée ! 

L'air est vif. Le froid mordant. Je ne m'en rends compte que parce que je n'arrive pas à bouger mes doigts paralysés par le froid. Par le froid ou par la peur. Difficile à dire. Je tente de donner un sens à tout çà. J'essaie de comprendre, d'interpréter les signes. Tous ces indices à côté desquels je suis passée. Aveuglée. Hypnotisée. Naïve. 

Comment a-t-on pu en arriver là ? Comment un casting, aussi prestigieux soit il, peut-il pousser quelqu'un a faire autant de mal? Et que peut-il se passer dans la tête d'une personne pour qu'elle en arrive à tuer, pour gagner sa place à la télé ? Tuer ! Préméditer ! Prévoir et calculer. Mettre en place des plans comme on prévoit de partir à l'étranger ou, non, comme on prépare une surprise à un être cher. C'est exactement çà ! On le met en confiance, puis on enquête, on se renseigne, sur ses habitudes, ses envies. On prend note de ce qu'il aime et de ce qu'il déteste et ensuite on s'en sert ! On note ses chemins de prédilection pour être sûr de ne pas le croiser, ou au contraire, de tomber dessus « par hasard ». On s'informe sur ses amis, ses collègues, sa famille pour les mettre dans la confidence ou pour les éloigner. On met en place une stratégie. Phase par phase. Mais ici, la surprise, c'est... La mort ! C'est effroyable ! 

Autour de moi c'est comme si le film passait au ralenti et sans le son. Je regarde la scène qui se déroule juste devant mes yeux d'un air incrédule. Et pourtant... Tout cela est bien en train de se produire. Les yeux fermés, je tente de me rappeler comment tout cela a commencé.