Série: Episode #1: "Je n'ai rien vu venir: Je suis amoureuse"

05/03/2018

Je m'appelle Liza, et je n'ai rien vu venir ! D'ailleurs, j'ai encore du mal à comprendre comment tout cela est arrivé ! Imaginez un peu ça ! Je suis amoureuse ! C'est dingue ! Pourtant, cette journée-là avait commencé comme toutes les autres !

J'étais à la bourre, comme d'habitude. Panne de réveil, panne de capsules de café, et par conséquent, panne de neurones et panne d'inspiration vestimentaire. A huit heures quarante-neuf, je quittais mon appartement. Il ne fallait pas avoir fait polytechnique pour en déduire que je ne serais jamais au bureau à neuf heures. 

Situé à vingt-cinq minutes de chez moi, enfin, vingt-cinq minutes, en admettant que j'attrape un RER à la seconde même ou mes pieds se posent sur le quai, et que je ferme les yeux en passant devant la boulangerie-salon-de-thé qui crie mon nom tous les jours à l'angle de la rue de la station.
Situé donc à plus ou moins vingt-cinq minutes de chez moi, le cabinet dentaire où je travaille est niché en plein milieu d'un immense parc en bordure de la ville. Il faut admettre que par ces magnifiques journées printanières, on ne peut pas rêver meilleur environnement pour œuvrer à la rédaction des courriers, des e-mails, ou des nombreux rappels de factures impayées que j'envoie tous les jours. Mais quand il s'agit de s'y rendre, il vaut mieux prévoir un peu d'avance.

Le cabinet donc, trône en plein milieu d'une placette au centre de laquelle se trouve le parking. L'avantage, c'est qu'il n'est pas utile de tourner en rond pendant des heures pour se garer... Quand on a une voiture ! Je n'en ai pas. Ou plus exactement je n'en ai plus. Officieusement parce que je veux préserver l'environnement et polluer moins. Plus officiellement, parce que je m'en suis séparée il y a un an et demi, que madââââme me coûtait bien trop cher et que je travaillais à cinq cent mètres de chez moi. Alors je l'ai vendue, deux jours avant de recevoir une proposition de boulot en or, dans un cabinet regroupant trois dentistes, dans un cadre dynamique et verdoyant, en dehors du brouhaha de la ville (Sic)
Elle est pas belle la vie ?

Toujours est-il que ce jour-là, mon RER pointe le bout de son tarin pas loin de dix minutes après mon arrivée sur le quai, bien sûr, et que, oui, vous me voyez venir, je m'arrête à la boulangerie-salon-de-thé. 

Le nez dans mon sac à la recherche de mon porte-monnaie, je percute de plein fouet un homme, plutôt canon, dont le croissant atterrit au sol, un bon mètre derrière lui, sous la truffe de chouquette, la chienne de la boulangère. Un coup de langue, et la viennoiserie termine sa course dans l'estomac du molosse, dont la taille est égale à sa flemme. 

Embarrassée, troublée et confuse, oui, tout cela en même temps, je lui propose de lui payer un nouveau croissant, que j'ajoute instantanément à ma commande habituelle, sans attendre sa réponse. Derrière son comptoir, Jeannine me regarde penaude, et annonce que celui qui gis dans la panse de chouquette, était le dernier, qu'il faudra attendre la nouvelle fournée. Elle ajoute que nous n'avons qu'à nous assoir un moment, et qu'elle nous apporte un-petit-café-pour-la-maison. Je ne suis plus embarrassée, mais mortifiée. 

Il est dix heures moins cinq quand je sors de la boulangerie-salon-de-thé pour me rendre, enfin, au cabinet, numéro de téléphone du gars canon, en poche.
Il est, bien évidement, hors de question que je l'appelle. En tous les cas pas avant deux ou trois jours. Deux jours. Ou au moins demain. Enfin, quoi qu'il arrive, pas avant le soir ! Ou alors vite fait, sur mon temps de midi. 

Je ne me souviens plus si j'ai vraiment attendu midi. Tout ce que je sais, c'est qu'avant que j'aie eu le temps de dire ouf, je vivais la plus belle histoire d'amour de ma vie. Que depuis ce jour-là, les papillons ont élu domicile dans mon ventre. Que sa présence me rassure, m'apaise. Que, comme le yin complète le yang, lui, me complète parfaitement. Par exemple, je ne suis plus jamais en retard au boulot, parce qu'il est la ponctualité incarnée. Je ne m'arrête plus à la boulangerie parce que la meilleure façon de commencer ma journée c'est de petit déjeuner avec lui, yeux dans les yeux, cœur contre cœur. 

Ce qui est sûr c'est que, je n'ai rien vu venir ! D'ailleurs, j'ai encore du mal à comprendre comment tout cela est arrivé ! Imaginez un peu ça ! Je suis amoureuse ! C'est dingue ! Pourtant, cette journée-là avait commencé comme toutes les autres !

N'hésitez pas vous aussi à me proposer un titre! ==> "Je n'ai rien vu venir - TITRE"