Série: Episode #17: Je n'ai rien vu venir, Zoé s'est fait une frange!"

27/04/2018

Merci Laure Allard D'Adesky pour l'idée de titre qui m'a bien amusée! N'oubliez pas, envoyez-moi vous aussi vos titres, j'en ferai un épisode!

Je n'ai rien vu venir !! Zoé s'est fait une frange ! Elle-même, est-il besoin de le préciser ? Pourtant, cette journée avait commencé comme toutes les autres !

Dimanche, dix heures et demi, toute la famille est réveillée depuis belle lurette, en tous cas, en apparence. Quand la sonnette retentit, je sens passer à côté de moi dans le couloir un mistral courant. Pas de bonbecs fabuleux, pas de car-en-sac, de minto ou de caramel à un franc, juste un gros coup de vent !

- C'est Lola m'man ! hurle Zoé, on ne sait jamais, au cas où j'aurais oublié de régler mon appareil auditif, du haut de mes quarante-deux-ans-et-toutes-mes-dents

- C'est Lolaaaaaa ! Ben vas-y, remets-en une couche !

A peine le temps d'ouvrir la porte que le zef souffle puissance deux, et repart en sens inverse. Si je n'avais jamais vu Lola, à cet instant précis, je ne saurais toujours pas à quoi elle ressemble ! Les filles ont filé dans la chambre de Zoé plus vite qu'Usain Bolt au meilleur de sa forme ! Petit joueur !

- Jour m'dame, me lance tout de même notre mini-invitée, les mots se perdent dans le corridor.

- Bonjour Lo... Inutile de continuer ma phrase, elles ont déjà refermé la porte de l'antre de mon sucre d'orge et fait de la chambre un carré méga VIP.

Le temps d'échanger quelques infos basiques avec la maman de Lola, et je m'en retourne à mon repassage. Amoureux est parti jouer au foot avec ses collègues, malgré les hallebardes qu'il tombe depuis ce matin. Hashtaglesfooteuxsontdesgrosmazos

A peine la première manche de chemise de l'homme repassée, je vois dépasser des têtes dans l'embrasure de la porte du salon. Deux bouilles affublées de moues angéliques. Elles vont me demander quelque chose, mais quoi... Je décompte. 5-4-3-2...

- M'man... ? 

1 ! Même joueur joue encore!

- C'est pas moi. J'adore. Je lui réponds ça tout le temps. Ça la rend dingue, mais ça me fait rire. Je suis une mère horrible et j'irai en enfer pour ça, mais en attendant j'aurai bien rigolé.

- Pffffffff, t'es nulle ! M'man ?

- Oui mon petit cœur au beurre salé, ça aussi elle déteste. Elle dit qu'elle n'est plus un bébé. Mais je ne peux pas m'en empêcher, et puis elle sera toujours mon bébé, même quand elle sera super-hyper- vieille, à quarante-deux ans !

- Je peux prendre ma trousse dans mon cartable, on voudrait bricoler pour te faire une surprise.

Je ne sais pas vous, mais moi je le sens moyen. Seulement quand il s'agit de prendre une décision dans l'instant, mon cerveau à toujours du mal à anticiper. Et puis en y réfléchissant, il n'y a rien de mal à bricoler. Au contraire. C'est bon pour leur esprit créatif, ça fait fonctionner leur imagination. Et puis c'est pour me faire un cadeau ! A moi. Sa mère indigne !

Un beau cadeau à ajouter dans la vitrine-chez-mamie-parce-que-chez-maman-on-a-pas-de-place-pour-tous-les-magnifiques-cadeaux-et-j'en-suis-tellement-triste ! Oui, je serai dans les sous-sols des sous-sols de l'enfer. Tout en bas.

Après un oui tout-sourire de maman, les filles s'en retournent donc dans la VIP room, en me précisant que je ne dois sur-tout-pas-entrer-dans-la-chambre, sinon il n'y aura plus de surprise. Je regrette déjà d'avoir dit oui.

Pendant l'heure qui suit, c'est mon imagination à moi qui turbine ! J'essaie de faire l'inventaire de la trousse de ma Zoette, crayons de couleurs, ok, feutres fluos, ok, stylo, mouais, ok, gomme, jusqu'à là ça va, bâton de colle, ou pas, à croire qu'elle les mange à midi entre deux tranches de pain, taille-crayon, ou pas, probablement le dessert, bic-à-quatre-couleurs, ciseaux. Oh MY GOD! CISEAUX !

A partir de là, j'imagine le pire bien entendu. A quoi vont-elles s'attaquer ? Les rideaux, les draps, les vêtements ? Aaaaaaaaargh ! La nouvelle robe de Zoette, achetée pour la modique somme d'un voyage à l'ïle Maurice, et prévue tout spécialement pour le mariage de la sœur de Solenne ??? Help ! Je suis prise d'une sorte de spasmes, une partie de mon corps veut foncer dans la chambre, l'autre est clouée sur place.

Je prends deux ou trois grosses respirations pour calmer les palpitations qui m'assaillent, et me risque à frapper à la porte de la chambre.

- Zoé ?

- Deux minutes m'man. N'entre pas. On a presque terminé !

Mais qu'est-ce que je fais ? J'entre ? Non. Si ? J'entre ? Je fais des tours sur moi-même devant la porte, heureuse de ne pas être filmée en cet instant. Bon. Il faut prendre une décision. Après tout, c'est qui l'adulte ? C'est moi ! C'est qui le chef ? C'est moi, du moins en l'absence d'Amoureux qui aurait géré tout ça en moins de temps qu'il n'en aurait fallu pour le dire. Allez. Sois forte Liza ! A trois, tu entres. Un... Deux... Deux-et-demi... Deux-trois-quart... Trois !

Mais au moment ou je pose ma main sur la poignée de la porte, elle s'ouvre, comme par magie. Je manque de tomber par terre, les fesses les premières, question de gravité.

Zoé s'est coupé les cheveux. Elle s'est fait une frange ! Seulement sa coupe ressemble plus à l'ECG de quelqu'un en pleine tachycardie, qu'à une frange ! Au secours, Zoé est la fille d'un playmobil et de Mireille Mathieu. Amoureux va me tuer. Ma mère va me tuer. Le coiffeur chez qui je vais devoir emmener Zoé pour rectifier le tir va me tuer !

Alors là. Pour être très frange avec vous, je n'ai rien vu venir ! Pourtant, ce dimanche avait commencé comme tous les autres !