Série: Episode #20: "Je n'ai rien vu venir: C'est déjà la fête des mères"

19/05/2018

N'hésitez pas à m'envoyer vos idées de titres ! S'ils m'inspirent, j'en ferai un épisode !

Je n'ai rien vu venir, pourtant, j'aurais pu. Une fois de plus, cette journée avait commencé comme toutes les autres !

Dimanche vingt-sept juin deux mille dix-huit. Six heures zéro deux. Je manque de mourir d'un infarctus en ouvrant les yeux. Zoette est agenouillée à côté du lit, la tête posée sur ses bras, eux-mêmes croisés sur le lit, à moins d'un centimètre de mon visage. Je fais un bond, accompagné d'un hurlement réveillant Amoureux qui se retrouve assis dans le lit, les yeux grands ouverts, exorbités en fait, en moins de temps qu'il n'en faut pour le dire. Woaw, efficace ! Il faudra que j'y pense la prochaine fois que j'essaierai de le réveiller !

Les cheveux en bataille, les yeux pleins de sommeil en retard, il nous faut, à lui comme à moi, un instant pour reprendre nos esprits, toujours perdus quelque part au pays des rêves. Ce n'est pas l'envie qui me manque de rejoindre le miroir et les pavots dans les bras de Momo, mais vu le regard empreint d'excitation que Zoé pose sur moi, ça parait compromis.

Amoureux se recouche, le cœur à deux milles suite à ce réveil plutôt sportif, se retourne, tire la couette jusqu'au dessus de sa tête, et tente d'articuler quelque chose que je ne suis pas trop sûre de comprendre. J'arrive dans une rhinite ? Limite? Peanut ? Aaaaaah... Minute !

- Allez m'man ! C'est l'heure !

- C'est l'heure ? M'enfin, Zoé, je t'aime d'un amour infini-plus-grand-que-l'univers-tout-entier-et-par-delà-les-autres-mondes, mais six heures zéro quatre, c'est l'heure de rien du tout. Ou si ! C'est l'heure de terminer sa nuit !

Je tente d'entre-ouvrir la couette pour accueillir mon petit carré de chocolat fondant à mes côtés, on ne sait jamais, sur un malentendu... Mais rien n'y fait.

- M'maaaaaaaan ! Allez ! Tu viens ?

Zoé tire la manche de mon splendide pyjama Droopy, à qui je ressemble trait pour trait en cet instant précis. En fait, en voyant ma tête dans le miroir de l'armoire suédoise qui fait face à notre lit, je dirais même que Droopy affiche une bonne humeur improbable, mais pas encore communicative, à côté de moi ce matin.

Je pose les pieds sur le sol tiède, encore toute ensuquée, et ne peux, sournoisement, je l'admets, m'empêcher de faire un maximum de bruit en quittant la chambre, afin de réveiller Amoureux malencontreusement, inopportunément, je dirais même sans le faire exprès. On y croit à ma bonne foi ? Comment çà non ? De toute manière, c'est peine perdue, parce que Monsieur est déjà à des kilomètres de nous, quelque part à Dreamcity.

- M'maaaaaaan, je...

- Zoé, laisse maman se réveiller s'il te plaît ! aboyé-je un peu plus fort que prévu. Mais entre la fatigue et les nausées du matin, j'ai de plus en plus de mal à me lever avec le sourire.

Heureusement, ce n'est qu'une mauvaise phase qui passera très vite pour laisser place à un bonheur sans nom... Ce qui me fait penser qu'il va falloir doucement penser à trouver un prénom pour le scampi qui a élu domicile dans mon ventre.

Je vois bien le désarroi dans les yeux de mon petit cup cake mais pour l'instant, il faut impérativement que j'arrive aux toilettes avant... Ouf... De justesse !

Quand je sors des toilettes, encore barbouillée, Zoette est plantée juste devant la porte, immobile, les bras dans le dos, avec une telle détermination dans le regard que s'en est presque flippant !

Je rassemble mon énergie pour lui offrir toute mon attention, lui passe la main dans les cheveux, attrape son menton et lui colle un petit bisou qui lui décroche un magnifique sourire.

Au même instant, son visage change d'expression. Ses yeux pétillent à nouveau. Elle fronce le nez, s'éclaircit la voix, et de derrière son dos fait apparaitre une boule de papier journal, qu'elle entreprend d'ouvrir elle-même pour en sortir un très joli bracelet de perles et de plumes, en me lançant un adorable et très touchant bien qu'un peu scolaire :

Tu es la meilleure maman du monde.

Ton sourire entre dans la ronde.

Je t'aime de tout mon cœur car tu es ma maman bonheur.

Bonne fête maman !

Je tente de retenir une petite larme, que je mets sur le compte des hormones, oui je sais, encore et toujours de très bonne foi je suis, et la serre dans mes bras. Elle enfouit sa tête dans mon cou, et nous nous laissons aller à un énorme câlin, semblable en tous points à tous les autres, si ce n'est que celui là, c'est le sacro-saint câlin de fête des mères!

C'est dingue ! Mon cœur de maman et moi n'avions rien vu venir. Et la journée qui avait commencé de manière peut-être un peu plus funky que les autres, s'est transformée en journée de l'amour et de la joie !

Bonne fête à toutes les mamans qui me lisent!