Série: Episode #24: "Je n'ai rien vu venir, ma copine m'a lâchée!"

13/06/2018

Merci Maurane. Merci Fabienne. Parfois la vie fait des cadeaux inattendus. 

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N'hésitez pas vous aussi à m'envoyer vos idées de titres ! S'ils m'inspirent, j'en ferai un épisode !

Je n'ai rien vu venir ! J'avais tout prévu. Imaginez un peu ça, m'a copine m'a lâchée ! Lâchement abandonnée à mon triste sort. Pourtant, une fois de plus, cette journée avait commencé comme toutes les autres !

C'est vraiment pas humain de manquer de bol comme ça. Pour une fois, une seule petite, non, minuscule fois, que j'ai vingt-quatre heures sans Amoureux, parti à la conquête de l'appartement idéal à Bordeaux, et sans sucre d'orge, qui s'est absentée elle aussi, pour filer avec son amie Lola et ses parents, dans leur maison de campagne du côté de Deauville, non,  « D-ôôôô-ville ». Hashtagnousnavonspaslesmêmesvaleurs

Quand ? Non mais je vous le demande... Quand aurai-je une nouvelle occasion comme celle-là de passer toute la journée avec elle ? Rien qu'elle et moi ?

Elle aurait commencé par me demander « Thé ou café » ? Pour ceux qui se posent la question, j'aurais choisi café, sans hésitation aucune. Et je me serais même payé le luxe d'y ajouter du lait, du sucre, et une grosse tartine avec beaucoup, mais alors vraiment beaucoup de chocolat dessus, n'en déplaise aux gluco-lacto-glutenophobes ! Non mais ! Bref. Et elle aurait parlé... Parlé... Et parlé encore. De tout. De rien.

Elle m'aurait tout dit sur les dernières cures de régime, ou sur les crèmes amincissantes à la mode, qu'il faut im-pé-ra-ti-ve-ment essayer. Oui. Même si on ne pèse que cinquante kilos pour un bon mètre soixante-dix. Parce que vous voyez, cette crème a tout un tas de vertus insoupçonnées. Elle lisse la peau, la régénère, l'hydrate, la rend soyeeeeeeeuzzz, la repigmente, l'adoucit, la protège, du froid, des U.V, des moustiques, des cons ? Voilà qui serait utile! En fait, la seule chose que cette crème ne fasse pas finalement, c'est le ménage. Et c'est dommage, sinon je l'aurais bien essayée.

Elle m'aurait parlé aussi de cet incroyable aspirateur robot. Sans fil. Sans manche. Sans piles. Sans... Bref, lui à l'inverse, il fait le ménage ! Seulement, comme il le fait sans vous, vous ne maigrissez pas. Comme quoi... On ne peut définitivement pas tout avoir dans la vie. Surtout au prix que coûtent la crème et l'aspirateur !

Elle m'aurait donné des nouvelles du monde. De toutes ces contrées lointaines. De Trump et des États-Unis. De Kim Jong-un et de la Corée du Nord. De Frédéric Lopez et des Cévennes.

Elle m'aurait parlé d'amour. Aaaaaaaah l'amour. Elle en parle si bien. Je suis prête à parier qu'elle m'aurait fait pleurer. C'est déjà arrivé vous savez. Je suis une grande sensible. D'autant plus avec un scampi qui squatte mon « U-T1-rus »

Je suis effondrée. Je les attendais avec tant d'impatience ces vingt-quatre heures ! Bon, c'est sûr, je ne l'aurais pas toujours écoutée très attentivement. Je me serais peut-être même assoupie. Mais elle a l'habitude avec moi. Elle ne s'en formalise pas. C'est vrai. J'ai toujours un truc à faire aux quatre coins de l'appartement.

Repassage. Vaisselle. Atelier couture, pour le bouton de chemise de l'Homme ou le collant de Zoé. Rangement du placard à chaussures. Et je vous vois venir avec vos gros sabots. Vous vous dites : « Elle n'a pas d'autres moments pour aller ranger son armoire à grolles qu'en plein milieu d'une discussion ? »

Alors, pour votre gouverne, d'abord ce n'est pas une discussion, au mieux, c'est une « scussion » puisqu'il n'y a qu'elle qui palabre la plupart du temps. Ensuite, puisqu'on en parle, je pense que ces allers et retours dans la maison peuvent raisonnablement être appelés des TOCs. Je l'admets. C'est comme SEGA, c'est plus fort que moi. A la seconde où la tâche traverse mon esprit, il faut que je l'effectue. C'est comme ça.

Alors imaginez, habituellement, quand elle parle, non seulement je passe mon temps à tendre l'oreille de loin pour pouvoir accomplir mes besognes, mais en plus, la plupart du temps, je suis coupée en plein élan dans ces dernières pour accéder aux nombreux, très nombreux désirs, d'Amoureux ou de mon caramel au beurre salé. 

Revenons à nos moutons. Le soir, enfin, nous aurions très probablement chanté à nous en faire saigner les cordes vocales, et les oreilles de BB, en faisant tourner nos serviettes. Puis nous aurions tenté de trouver le sommeil en parlant de chasse, ou de pêche. De littérature, ou de politique.

Et surtout, surtout, pour mettre un terme à la conversation, et pour retrouver le calme, je n'aurais pas eu besoin de demander cent fois à amoureux d'éteindre la lumière, ou de faire moins de bruits en tournant les pages de son magazine de foot. Pas besoin non plus de me relever pour aller faire le dernier-des-derniers-câlins-avant-de-dormir à ma Zoette, qui aurait bien sûr attendu d'être couchée pour se décider à aller aux toilettes, en toute discrétion, cela va sans dire.

Non, il ne m'aurait fallu qu'un index et une télécommande, et le silence serait revenu comme par magie.

Mais elle m'a lâchée. Elle m'a abandonnée. Ma copine la télé à rendu l'âme. (Et non pas Lââm qui, aux dernières nouvelles, ne tient pas tant que ça à ce que la télé nous la rende. Bref...) Ces vingt-quatre prochaines heures vont donc être bien plus longues que prévu, et ça, franchement, je ne l'avais pas vu venir !

Une fois n'est pas coutume, et parce que c'est une belle histoire dans ma vie, je vous livre les coulisses de cette histoire. Une histoire de parole tenue, et de transmission bienveillante: Il y a quelques semaines, (Je précise que j'ai écrit cet épisode le 13 juin), Maurane et Fabienne sont en pleine conversation entre soeurs. Fabienne explique que sa télé est bien souvent allumée pour rien, qu'elle est comme une copine, qui lui tient compagnie quand elle est seule à la maison... Et Maurane à l'idée ingénieuse de lui dire qu'il faut en faire un titre de "Je n'ai rien vu venir", cette petite série à lire qu'elle vient de découvrir sur twitter grâce à l'épisode 15, et qu'il faut absolument m'en faire part, ce que Fabienne a fait il ya quelques jours, avec infiniment de générosité, sur une terrasse, au soleil, au cours d'une conversation, entre amies cette fois. Alors, à toutes les deux, merci du fond du cœur.