Série: Episode #25: "Je n'ai rien vu venir: Zoé est la reine de la Gay Pride"

13/06/2018

N'hésitez pas à m'envoyer vos idées de titres ! S'ils m'inspirent, j'en ferai un épisode !

Je n'ai rien vu venir ! Ma petite Zoé, reine de la Gay Pride ! Pourtant, une fois de plus, cette journée avait commencé comme toutes les autres, un peu plus colorée peut-être ?

Zoé est tout-en-affaire ! Depuis le temps qu'elle l'attend ce week-end. La Gay Pride ! Son parrain lui en parlait déjà quand elle était dans mon ventre ! C'est dire si elle était destinée à la vivre un jour ! Et ce jour est venu. Le changement c'est... Euh, non, rien. 

Donc ce week-end, toute la famille se rend à la Gay Pride. Bien sûr, chacun d'entre nous a accueilli l'événement de manière pour le moins... Différente ! Mon petit sucre de canne, vous l'aurez compris, est folle de joie, et morte d'impatience.

Amoureux, lui, c'est autre chose. Comment vous expliquer? C'est un homme. Hétéro. Italien. Non, Sicilien. Que ceux qui pensent que c'est la même chose, aillent dire à un corse qu'il est français. Et puis on en reparlera. Petit conseil, prévoyez des baskets. On ne sait jamais. Quoi qu'il en soit, il a beau être incroyablement « open minded » et aimer la nouveauté, il n'est pas super à l'aise à l'idée de plonger son si sexy petit cul dans une foule alcoolisée, majoritairement homosexuelle. Néanmoins, c'est avec plaisir qu'il a accepté de faire cette nouvelle expérience, et qu'il nous accompagne, Zoette, parrain Simon, Romuald, l'amoureux de parrain Simon, et moi-même.

Quant à moi, j'ai passé le plus clair de mon temps dans le milieu homo jusqu'à ce que je le rencontre, mon Sicilien ouvert d'esprit. Alors pour moi, la Gay Pride, c'est une party comme une autre. A ça prêt qu'aujourd'hui je suis gonflée comme un popcorn à cause du scampi squatteur, et que je me serais bien passée d'un bain de foule.

Nous voilà tous au taquet, prêts à partir. Bariolés, fluotés et arc-en-cielisés au possible. J'ai bien pensé à leur faire le coup du « J'peux pas, j'ai scampi » mais ils sont trop mignons, les yeux pleins d'excitation, piétinant devant la porte comme des petits enfants qui auraient attendu trop longtemps avant de dire à la maitresse qu'ils doivent aller aux toilettes.

Je me surprends à regarder mes quatre fantastiques, du bout du couloir. Qu'est-ce que je les aime. Tous. Mon petit cup cake aux cerises, mon homme si parfait, et wow, si incroyablement sexy dans ce débardeur turquoise, il va falloir que je le garde à l'œil tout de même ! Mais j'aime aussi Simon, ami fidèle, généreux, doux, et toujours à l'écoute. Zoé aussi aime beaucoup son parrain. Quant à Romuald, il n'est arrivé dans la vie de Simon que depuis quelques mois, mais il fait déjà partie de la famille. Y à pas à dire. J'en ai de la chance d'être si bien entourée. Non, vraiment, je n'ai pas le cœur de les abandonner.

Arrivés sur place, Zoé ne touche plus terre. C'est le cas de le dire. Elle passe des épaules de papa aux bras de parrain. Des bras de parrain au dos de Romuald, et inversement proportionnel. J'adore cette expression, qui n'a pas vraiment sa place ici mais que j'avais envie de placer. Et que vous aurez comprise, j'en suis sûre. Sous prétexte que je ferais, éventuellement, queeeeelques kilos de plus qu'elle, aucun d'entre eux n'a voulu faire pareil avec moi. Étrange non? Injuste surtout.

La fête bat son plein. Musique très forte, un peu trop pour moi mais je garde la pêche, ça crie, ça chante, ça vuvuzuelise. Grosse ambiance. Nous « marche-dansons » tranquillement quand un grand monsieur, debout sur des échasses,  recouvertes d'un très long pantalon à paillettes argentées, torse poil, mais tout de même coiffé d'une perruque, orange, coupée en carré dégradé, je suis jalouse, depuis le temps que je veux tenter cette coupe, attrape mon petit sucre d'orge et le dépose sur le char situé juste à côté de nous.

Pendant quelques secondes, elle est momifiée. Papa et moi aussi, je dois bien l'avouer ! Mais le petit coup de stress passé, la voilà se trémoussant les bras en l'air. Et la foule de la suivre allègrement. Elle met ses mains sur sa taille... Et hop, le flot de prideur qui nous entoure en fait autant. Elle lève une main et mime un éventail avec la seconde, et baaaaam, tout le monde fait de même. Monsieur échasse tente, tant bien que mal de se pencher vers moi.

- Comment s'appelle cette petite merveille ma chérie ?

Euh, qui ? Zoé ? Voyant mon air ahuri, il pointe ma petite prof de zumba du doigt.

- C'est ta fille ? Comment s'appelle-t-elle ?

- Zoé ! Elle s'appelle Zoé.

D'un coup il entonne son nom comme un hymne national. Zoééééééééé... Et de monter dans les aigus... Zoééééééééééé... Et de redescendre dans les graves... Zoéééééééé... Zoéééééééééé ! Et en quelques secondes c'est toute la masse de jeunes et de moins jeunes, d'hommes, de femmes, d'hétéros et d'homos qui nous entoure qui hurle Zoééééééé... Zoééééééééééé...

Alors là, si on me l'avait dit un jour je ne l'aurais pas cru ! Ma Zoé est la reine de la Gay Pride ! Croyez-moi, nous n'avions rien vu venir ! Pourtant, une fois de plus, cette journée avait commencé comme toutes les autres.