Série: Episode spécial coupe du monde: "Je n'ai rien vu venir: La France est en finale"

12/07/2018

La France est en finale !

Je n'ai rien vu venir. Amoureux non plus d'ailleurs mais lui, ça date déjà de novembre deux mille dix-sept alors il a eu le temps de s'en remettre. Ou pas !? #arriverderciroma #italyzeropoint #byebyeitalia

Attention, comprenez-moi bien, je ne suis pas une grande fan de foot, mais comme beaucoup d'entre nous, j'aime l'ambiance qui règne pendant les grandes compétitions. Cette atmosphère d'unité qui rassemble les nations. Ce vent de fusion qui, le temps de quelques matchs, fait de chaque pays un tout.

Mais laissez-moi d'abord vous mettre en situation. Ce que vous savez, c'est que je vis en banlieue parisienne du moins tant que nous n'aurons pas trouvé l'appartement par-fait à Bordeaux. Mais ce que je ne vous avais encore jamais dit, c'est que je ne suis pas une pure souche ! Eeeeeeh ouéééé, la petite Liza n'est pas une Frenchie ! Ça vous en bouche un coin hein ! J'ai beau vivre ici depuis... Depuis quand d'ailleurs ? Bref, je suis née en Belgique ! Ça y est. Vous le voyez arriver le dilemme ?

Une fois la joie de voir les deux équipes arriver en demi-finale passée, autant vous dire que la pression est montée d'un cran à la maison !

Nous y voilà. Et ce mardi soir, le salon ressemble aux tribunes Russes ! Solenn et Amoureux, pas rancunier, en bleu blanc rouge, tiennent pour la France. Parrain Simon et Zoé, bardés de rouge jaune et noir, pour la Belgique, Romuald, l'amoureux de parrain, se contente regarder les joueurs courir d'un côté à l'autre du terrain, en imaginant des vareuses et des shorts bieeeeeeeeen plus sexy que ceux dont ils sont affublés (sic), mais que fait la police du staïle on se l'demande ? Quoi qu'il en soit, il attend, avec plus ou moins de patience, la fin du match pour que les gars échangent, et donc enlèvent, leurs maillots.

Et moi... Alors moi, autant vous dire que je frôle la paranoia-bipolarisante-schizophrénique pendant deux heures plus qu'intenses ! Deux heures à l'image des quatre jours qui nous séparent de la qualification des deux pays !

Quatre jours pendant lesquels chacun des clans a plaidé sa cause. Tous ont voulu me corrompre, me séduire, m'embri-draguer. Ce qui n'était pas toujours désagréable d'ailleurs.

A coup de bouquets de fleurs et de chocolats, mes préférés, du côté d'Amoureux, de mots doux et de câlins côté Zoette. Et le top du top, Mojitos et aprèm-shopping pour Solenn. Ce petit haut rouge et blanc te va à merveille. Avec un petit short bleu, ce serait top. Non mais tu crois que je te vois pas venir avec tes gros crampons ?

Quatre jours hors du commun, pendant lesquels j'ai tout essayé pour faire mon choix. Pour choisir enfin mon camp. Même le hasard n'a pas voulu de moi.

Quand j'ai tenté, devant la porte d'entrée de l'immeuble, de faire voler LA pièce qui allait enfin décider de mes couleurs, une heure avant le match, elle est d'abord retombée sur la tête de mon caramel mou, puis elle a ricoché sur la voiture de BB, chuuuuuuut, pour finir sa course dans le caniveau et rouler jusqu'à la bouche d'égout. Tu parles d'une chance !

Une heure plus tard, me voilà donc devant ce match tant attendu, vêtue de la seule couleur commune aux deux drapeaux. Pas folle la guêpe. Tendue au possible, devant ce match historique qui oppose, ou réuni ? mon sang et mon cœur. A ne plus savoir quand il faut applaudir ou huer. Qui soutenir. Quand rire et quand pester.

Si la mi-temps me permet de souffler un peu, autant vous dire qu'un zéro - zéro laisse place a des discussions plutôt mouvementées. Personne ne le dit mais tout le monde le sait, le premier qui marquera aura toutes les chances de finir vainqueur.

Quand le match reprend, tout le monde est sur les dents. 50 minutes et toujours rien. Pas de but. Je suis sur le point de me lever pour aller chercher de quoi remonter le moral des troupes dans la cuisine quand soudain,

- Buuuuuuuuuuuuuuuut !

Il me faut un moment pour comprendre qui a marqué. Il me faut également quelques minutes pour comprendre que le « Um-ti-ti-Um-ti-ti-Um-ti-ti » scandé par Solenn et Amoureux n'est pas un cri de victoire mais bien le nom du buteur !

C'est en voyant les voyant tous les deux faire des bonds et se sauter dans les bras l'un de l'autre que je saisis. C'est également à ce moment précis que je trouve ma place dans le jeu. Maintenant je sais. La France a marqué. Mais au fond de moi, je suis Belge. Je suis noire-jaune-rouge ! Je suis une diablotine ! Tout comme mon cup cake aux cerises dont les yeux s'embuent.

Je suis debout devant la porte, à regarder tout ce petit monde que j'aime tant, et, peut-être sont-se les hormones, moi aussi j'ai envie de pleurer.

Parrain Simon me sort de mon Fifa-blues en criant, non, hurlant !

- C'est pas fini ! On a pas dit notre dernier mot ! Hein ma Zoette ? ajoute-t-il en prenant sa main et la secouant dans les airs ! Come on Belgiuuuuuuuuum !

Mon sucre d'orge reprend du poil de la bête et Simon m'envoie un petit clin d'œil complice.

Le temps défile. Les minutes semblent élastiques. Le temps additionnel nous laisse un dernier espoir. L'espace de six minutes nous pensons encore que tout est possible. Nous nous battons jusqu'au bout. Mais le coup de sifflet de fin retentit...

S'en est trop pour Zoé qui nous fait le remake de Niagara, en 3D, et sans Maryline. Heureusement, parrain veille au grain et trouve les mots justes pour la remettre d'aplomb très vite. Papa et Solenn n'osent pas laisser éclater leur joie et c'est assez drôle à regarder. Je les zyeute se dépêtrer un instant entre joie intense et sobriété.

C'est dingue, je n'ai rien vu venir. La France est en finale de la coupe du monde. Et une chose est sûre, toute la famille sera devant la télé pour la soutenir. Unie.