Série: Episode #3: "Je n'ai rien vu venir: Je suis maman"

05/03/2018

Je n'ai rien vu venir ! D'ailleurs, j'ai encore du mal à comprendre comment tout cela est arrivé, enfin si, techniquement, j'ai bien compris, mais imaginez un peu ça ! Je suis maman ! C'est dingue ! Pourtant, cette journée-là avait commencé comme toutes les autres !

Vous allez me dire, bien sûr que tu es maman, puisque tu étais enceinte. Comment peux-tu ne pas l'avoir vu venir ? Oui, je suis d'accord. Mais quand je dis « Je ne l'ai pas vu venir » c'est que je n'avais aucune idée de ce qu'était ÊTRE MAMAN ! 

Quelqu'un peut-il me dire à quel moment on se repose ? Non ? Parce que moi, après 10 mois de joie, de bonheur, certes, mais également de nuits blanches, de machines quotidiennes, de biberons, de rots, de panades, de brrrrr-oukilé-l'avion-qui-va-rentrer-dans-le-garage-on-ouvre-grand-aaaaaaaaaaaaaaaaaaaah, (et depuis quand on rentre des avions dans des garages d'abord ?) 

Après 10 mois de allo-madame-il-faut-venir-chercher-zoé-avant-qu'elle-ne-refile-sa-gastro-ou-sa-bronchiolite-aux-autres (sic), 10 mois de aaaraaah zaaaaa baba naaaaa ksssss dadaaaaaa, d'allers et de retours dans la petite chambre pour s'assurer que la plus belle des plus belles respire toujours...

Eh bien moi, je n'ai pas encore bien compris à quel moment on pouvait souffler. 

Et ça ! Je ne l'ai pas vu venir ! Ce fameux jour où, tranquillement installée à mon bureau, le nez dans mes chiffres, j'ai senti les premières contractions. Encore un truc qu'on ne voit pas venir ! Non mais qui a décrété que pour avoir l'honneur de devenir maman, il fallait forcément souffrir sa race ? Est-il vraiment utile de nous infliger des douleurs sans nom ? Peut-être est-ce pour que plus tard, après la torture, la vie de parent nous semble « trop easy quoi » !
Et si c'est le cas, c'est quoi la douleur infligée aux pères ? Non parce que j'aimerais comprendre ça aussi. Vous n'allez pas me dire que leur peine à eux, ce serait de nous supporter, pendant neuf mois ? 

Supporter nos sautes d'humeur, nos dégouts, nos crises d'hystérie, nos angoisses de futures mères, nos envies pressantes, urgentes même, n'importe où, n'importe quand, de jour, comme de nuit.
Débrouille-toi-pour-me-trouver-des-toilettes-du-chocolat-du-poulet-à-la-menthe-avec-la-peau-mais-sans-les-os-et-du-jus-pèche-abricot-pas-celui-de-l'épicier-en-bas-il-est-trop-acide-dépêche-toi-plus-vite-que-çaaaaaaaa! 
Ce serait ça la douleur infligée aux géniteurs ? Et en plus, ils auraient le droit de se plaindre?

Bref, ce fameux jour ou Zoé s'est enfin décidée à sortir, avec quelques jours de retard, au moins on est sûrs qu'elle est de moi, et où mon homme presque parfait a fait crisser ses pneus dans la cour du cabinet pour venir me chercher et me parachuter à la maternité. 

Ce jour-là, je pensais savoir ! J'étais sûre que j'étais prête. J'avais étudié une bonne douzaine de bouquins écrits par d'éminents psychologues et autres maitres yogi, avec en tête de lice, la Dolto, comme tout parent qui se respecte depuis la préhistoire, ou presque. 

J'avais assisté à des conférences, et des réunions de futurs parents. Réunions où l'on nous expliquait très clairement qu'il fallait impérativement faire abstraction de l'avis des autres, médecins comme parents, sur notre façon d'élever notre enfant - Sans commentaire.
A l'époque j'avais transmis tous mes neurones à Zoé, bien au chaud dans mon ventre, je n'avais donc pas réalisé à quel point il fallait être chelou pour réunir des gens, et leur demander de ne pas prendre en compte ce qui serait dit lors de la réunion. 

J'avais assisté a chacune des séances de gymnastique prénatale, suggérées par ma gynécologue, appris à respirer comme un petit chien, à faire le dos rond du petit chat.
Bref. J'étais au taquet ! Mais honnêtement, pour ce qui est de la vie de maman, la vraie, la concrète...

Je n'ai rien vu venir ! D'ailleurs, j'ai encore du mal à comprendre comment tout cela est arrivé, enfin si, techniquement, j'ai bien compris, mais imaginez un peu ça ! Je suis maman ! C'est dingue ! Pourtant, cette journée-là avait commencé comme toutes les autres !

N'hésitez pas vous aussi à me proposer un titre! ==> "Je n'ai rien vu venir - TITRE"