Série: Episode #31: "Je n'ai rien vu venir: Le déménagement"

26/08/2018

Je n'ai rien vu venir ! Nous voilà déjà arrivés à ce jour tant redouté du déménagement ! Pourtant, cette journée avait commencé comme toutes les autres !

Euh, et avant d'aller plus loin... Quelqu'un peut-il me dire où sont passées mes vacances ? Non parce que j'ai à peine eu le temps de poser un orteil au bord de la piscine et de m'affaler tel l'hippo de Walt Disney et son tutu sur un transat Espagnol, Olé, que la rentrée m'attend déjà en regardant sa montre et en tapant impatiemment du pied sur le sol carrelé de notre nid d'amour-en-devenir.

Quitter notre appartement Parisien est déjà un crève-cœur, mais déménager enceinte, c'est un défi que je ne relèverai qu'une seule fois dans ma vie ! C'est une certitude.

La dernière caisse enfin posée dans le camion, ou devrais-je dire, balancée, malgré les très nombreux points d'exclamation qui précèdent et suivent le mot FRAGILE sur chacune des faces du dit carton, nous sommes fin prêts. C'est le cœur lourd et quelques larmes rebelles dans les yeux, sauf Amoureux bien sûr, qui lui, a juste une petite poussière dans l'œil, que nous quittons cet appartement dans lequel nous avons vécu si longtemps.

Cet appartement qui a vu naître notre amour. Dans lequel nous avons, par des moyens habiles dont je ne divulguerai pas les secrets, fabriqué Zoé, et Amaury.

Celui que j'aime tant et que je connais assez bien pour m'y déplacer les yeux fermés, quand on ne me pose pas de pièges en forme de sac à dos[1]. Celui-là même qui a vu pousser notre petit cup cake, qui l'a vue rire, s'épanouir, pleurer, apprendre et devenir cette jolie demoiselle de bientôt neuf ans...

Même Monsieur chat a l'air triste. Et pour cause, Zoé l'a casé dans son sac, entre sa tablette et son livre de la bibliothèque rose. Il a de moins en moins la cote le doudou-d'amour, il a perdu son mojo ! Il doit attendre Amaury avec au moins autant d'impatience que nous !

Un dernier tour de nos murs pour nous assurer que nous n'avons rien oublié et nous fermons la porte... Pour la dernière fois, même pas mal.

BB nous attend sur le palier. Si quelqu'un m'avait dit à son arrivée, que la quitter me ferait un tel pincement au cœur, je ne l'aurais jamais cru. Zoette se jette dans ses bras.

- Tu vas me manquer tu sais !

- Toi aussi tu vas me manquer ma puce. Prends bien soin de toi et de tes parents !

- C'est promis !

Hashtagtropdamourmainsencoeur. Mon cœur se serre. Après une poignée de main timide qui se termine en accolade amicale, nous descendons une ultime fois les trois étages qui nous séparent de la voiture d'Amoureux, toute prête à suivre le camion, et prenons enfin la route.

Nous n'avons pas fait cinquante kilomètres, que ma vessie de future maman se rappelle à moi. A vrai dire, nous n'avions pas encore quitté notre rue que déjà, j'entendais le doux appel des toilettes ! A ma décharge, la position assise et le bidon de femme enceinte ne font pas bon ménage ! Nous faisons donc un premier arrêt à peine engagés sur l'autoroute.

- Chérie d'amour ? Tu accompagnes maman aux toilettes ?

- Nan. Pas envie. répond-elle en levant à peine les yeux des malheurs de Sophie.

- Sûre ?

- Ouiiiiiieeeuh m'maaaan.

C'est précisément douze kilomètres plus loin, que sa petite voix mal assurée, a murmuré un timide :

- J'dois faire pipi.

Amoureux tente bien faire comme s'il n'avait pas entendu, mais comme ma vessie est déjà au taquet, je joue pour l'équipe Zoé.

C'est après avoir repris la route une seconde fois, quand elle nous dit qu'elle a faim que les choses se corsent.

- Zoé, tu as tout ce qu'il te faut dans ton sac. On ne peut pas s'arrêter toutes les cinq minutes, tonne Amoureux écarlate, et déjà un poil sur les nerfs depuis le second arrêt.

- Oui mais...

- Y a pas de mais chérie.

- C'est juste que...

- Que quoi ? explose-t-il si fort que même Monsieur chat a dû faire un bond là où il est, c'est-à-dire au fond du sac de Zoé, dans le camion de déménagement. Oups !

Autant vous dire que les sept heures de route que nous avions prévues se sont très vite multipliées, et finalement, après onze pauses pipi, et quatre arrêts grignotage, c'est au bout de neuf longues heures que nous atteignons Bordeaux, notre nouveau chez-nous et ses toilettes !

Nous aurions pu estimer nous en être pas si mal sortis, si, une heure après notre arrivée sur les lieux, plantés au milieu du salon totalement vide, nous n'avions pas reçu un message des déménageurs nous expliquant qu'ils avaient crevé un pneu, et qu'ils ne pourraient reprendre la route que le lendemain. Amoureux n'est plus rouge, il est carrément violet. May day ! On le perd !

Nous avons donc testé pour vous : « Trouver un hôtel en last minute à Bordeaux au mois d'août » et nous voici finalement au camping des Trois Grâces, dans une minuscule caravane, à trois dans un lit d'une personne et demi, Zoé, Amoureux, mon gros ventre et moi.

Je n'ai rien vu venir ! Nous voilà déjà arrivés à ce jour tant redouté du déménagement ! Pourtant, cette journée avait commencé comme toutes les autres !

[1] Note de l'auteure qui veut savoir si tu suis : Alors ? Tu l'as lu le Tome 1 ? 
Cf « Terminus, tout le monde descend »