Série: Episode #32: "Je n'ai rien vu venir: Au secours, c'est la rentrée des classes"

02/09/2018

Je n'ai rien vu venir. Nous venons de vivre notre première rentrée des classes à Bordeaux, assortie de son lot de nouveauté évidement. Et dans notre cas, la nouveauté est absolument partout ! Pourtant, cette journée avait commencé comme toutes les autres !

Non mais, on est sérieux là ? On vient à peine de terminer la dernière année scolaire. De trouver, où pas, un endroit pour amasser les anciens cahiers et autres livres scolaires totalement obsolètes pour cette nouvelle année. Parce que oui, il est é-vi-dent que le Larousse 2017 ne fera pas l'affaire en 2018 ! Noooooooon madaaaaame !

Tout juste le temps de s'assurer qu'on a bien acheté tout ce qu'il y avait sur la liste des fournitures 2017-2018 qu'il faut déjà retourner dans les tranchées du supermarché pour se procurer les nouveaux feutres, parce que - et attention, je vous dévoile ce scoop au péril de ma vie - ils cessent de fonctionner le trente juin ! Si ! Aux alentours de quinze heures : Bam, terminé. Ils s'auto-détruisent, comme dans Mission Impossible. On se demande d'ailleurs pourquoi Tom Cruise part dans des contrées lointaines affronter des vilains-méchants pour se procurer sa dose d'adrénaline alors qu'il suffit de faire un saut chez Lecrlec à la veille de la rentrée ! Et il en est de même pour les stylos, ou crayons de papier dont nous devrons trouver précisément: Deux mines3H, une mine HB et un à pointe 2B, parce-que-celle-là-elle-est-plus-tendre ! J't'en foutrais des plus tendres !

Les anciens manuels étant enfin répartis entre la cave et le grenier, même si on sait pertinemment qu'on ne s'en servira plus jamais, même si on a un autre enfant puisqu'il faut déjà les renouveler d'année en année, et que NON, on ne fera pas une expédition là-haut pour retrouver la règle de conjugaison de l'imparfait, planquée dans le cahier de français, ou la définition de la solidification, dans celui de sciences, parce que bien sûr, nous, mères parfaites, nous les connaissons par cœur ! Nan, je rigole, parce qu'aujourd'hui, on a Google !

Et le cartable, on en parle du cartable ? Faut pas se tromper ! Poids, ergonomie, matière, sac-à-dos, cartable à l'ancienne ou trolley. Et une fois qu'on a trouvé la solution idéale, il faut en trouver un qui plaise à nos têtes blondes. Des fleurs, des cœurs, la dernière lolita-number-one-sur-les-ondes. Il faut qu'il soit ab-so-lu-ment ceci, mais sur-tout pas cela !

Ensuite, par ordre de priorité, dans notre cas - faut-il rappeler que nous avons été parachutés à Bordeaux il y a tout juste une semaine ? - il a fallu repérer les différents emplacements clefs : l'agence d'Amoureux, l'école primaire, le pédiatre, la superette, le hammam mmmmh, haaaammaaaaaaam, ainsi que le trajet idéal pour y parvenir sans trop d'embuches, pendant, et en dehors des heures de pointes.

Ah oui ! L'inscription à l'école ! Voilà encore de quoi nous offrir quelques doux instants de plaisir. D'abord il faut trouver la bonne ! Celle qui nous paraîtra la plus adaptée à nos convictions d'être humains, de parents, à nos croyances religieuses, ou dans notre cas, non-religieuses. Elle doit être facile d'accès, ni trop grande, ni trop petite, mais doit être tout de même sur notre commune. Ensuite il faut inscrire notre petit sucre d'orge auprès des services de la Mairie, puis faire enregistrer son admission auprès de la direction de l'école, ce pour quoi nous avons besoin d'un livret de famille, bon... Et d'un justificatif de domicile, oui ! Histoire-de-prouver-que-nos-habitons-bien-non-seulement-à-Bordeaux-mais-sur-la-commune-en-question ! Sauf qu'au moment d'inscrire notre petit caramel mou, nous habitons encore Paris !

Tout cela étant enfin en place, arrive le moment de la séance shopping afin de trouver les vêtements qui feront de notre petit cœur de beurre la plus belle des plus belles pour le jour J ! Et là j'en arrive presque à regretter de ne pas être une maman des années cinquante. Une jupe, une paire de chaussettes blanches, un chemisier et SURTOUT, un tablier qui cache le tout et nous évite de devoir courir d'un magasin à l'autre pour trouver LA robe parfaite, qu'elle ne portera probablement qu'une fois, deux si on a de la chance, jusqu'à ce que la Christina Cordula des cours de récré vienne semer la zizanie dans les armoires.

C'est donc en maman super-fière que je dépose ma Zoé pour son premier jour ce matin. Nous sommes pimpantes, motivées, excitées même, et... A l'heure, siiiiiiii, à l'heure ! Ouais, nouvelle ville, nouvelles habitudes, et la ponctualité en fait partie. Enfin pour l'instant. Ashtagchassezlenaturel

La journée aurait pu être parfaite, si, en faisant marche arrière pour sortir de ma place de... Attention...tacatacata, (oui, je fais super bien le roulement de tambour...) PARKING ! Oui, l'école a un parking ! Alleluia, chante avec moi, Alleluiaaaa - petits-bonds-pirouette-petits-bonds.

La journée aurait été sublime donc, si je n'avais pas malencontreusement effleuré le pare-chocs de la voiture située juuuuuuste derrière moi. Véhicule appartenant, je l'ai appris à mes dépends, à la chef des chefs de l'association des parents d'élèves, et meilleure amie de la directrice de l'établissement de-sur-croa, dont la tête était plongée dans son coffre. Aie !

Après de nombreuses et plates excuses, et la promesse de participer au comité organisateur de la fête de fin d'année, je reprends donc le chemin de la maison. Du moins, je le pensais, jusqu'à ce que je repasse devant le parking de l'école. Deux fois.

Une fois toute la petite famille bien installée dans le canapé du salon après cette journée éreintante à bien des niveaux, Amoureux, Amaury, bien au chaud dans mon bidon, et moi, attendons avec impatience le bilan de Zoé sur son premier jour.

- Alors ma chérie d'amour que j'aime encore plus que le chocolat... C'était comment ? lancé-je enthousiaste !

Nous avons hâte de savoir comment elle l'a vécu, si elle s'est fait des amis, si son professeur des écoles est sympa, et d'abord, c'est une fille ou un garçon ? Nous sommes pendus à ses lèvres qui nous livrent un compte rendu pour le moins sommaire, qui tient en un seul mot.

- Cool !

Je n'ai rien vu venir. Nous venons de vivre notre première rentrée des classes à Bordeaux, une rentrée des classes qui avait presque commencé comme toutes les autres.