Série: Episode #6: "Je n'ai rien vu venir: Je me marie"

05/03/2018

Merci à Julien pour ce titre! Et n'hésitez pas vous aussi à me proposer un titre! ==> "Je n'ai rien vu venir - TITRE"

Je n'ai rien vu venir ! D'ailleurs, j'ai encore du mal à croire tout cela est arrivé ! Imaginez un peu ça ! Je me marie ! C'est dingue ! Et comme toujours, ma journée avait commencé comme toutes les autres !

Comment ça c'est la suite logique ? Mais pas du tout ! Il n'a jamais été question de mariage. Enfin on en avait pas vraiment parlé en vérité. Enfin si, un peu. Peut-être. Disons qu'il est éventuellement possible, que je lui ai potentiellement fait part de mon envie de vivre une journée hors du commun, toute de blanc vêtu quelques jours après notre rencontre. (Comment ça quelques jours c'est beaucoup trop tôt ??? Oui bon ben y a pas de bon moment pour ça hein, c'est vrai quoi ! Ce serait quoi le bon timing ?)

Bref, comme de nombreuses nanas j'avais vaguement imaginé le jour J.

La robe : Blanche, mais pas trop, longue, mais pas trop, moulante ou décolletée, mais pas trop, princesse, mais pas trop, facile à enlever... Mais pas trop !

Les fleurs : Des roses ! Rien que des roses ! Des rouges, des blanches, mais surtout pas de roses ! Des roses, pas roses !

Le plan de table : Des tables rondes, ça permet à tous de pouvoir discuter sans que personne ne se retrouve exilé à supplier le personnel de prendre une chaise libre à la table d'à côté et de s'installer afin de ne plus être « la personne en bout de table ». Eviter à tout prix d'asseoir tante Hélène à côté de grand-mère Edith si on veut pouvoir terminer le repas sans encombre. Et surtout, éloigner tonton Jean des bouteilles, et de tante Hélène, et des bouteilles, et de la nouvelle copine de mon frère, mais surtout des bouteilles !

Mes vœux : Aaaaaaaah mes vœux ! Poétiques mais pas gnangnans. Fluides, directes et efficaces, mais surtout pas trop niais. Il faut que ça soupire, il faut que ça pleure, dans l'assemblée, mais juste assez pour ne pas se retrouver à un concert de cuivres ! A noter sur ma to-do-list : Retrouver mon brouillon !

Les robes des demoiselles d'honneur : Ou pas.

Donc, oui, j'avais furtivement pensé à tout ça. Comme ça, à la va-vite. Quand j'avais 8 ans. Mais comment imaginer que tout cela prendrait vie un jour ? Et surtout comme ça !

Laissez-moi vous raconter la demande sortie de l'imagination, limite flippante, de mon homme irréprochable. Je dis limite flippante parce que quand même, on se dit qu'avec autant de créativité, il pourrait aussi bien échafauder le crime parfait !

Après avoir accepté une invitation en bonne et due forme dans notre restaurant préféré pour fêter notre anniversaire de rencontre, agitée comme une puce, je me vois dans l'obligation d'annuler notre rendez-vous tant attendu.

Mes patrons ont impérativement besoin de mon talent d'assistante pour les accompagner à une conférence sur la chirurgie maxillo-faciale dans les pays sous-développés, dans la Creuse Wooot wooot ! Tout cela est au moins aussi excitant qu'un saut à l'élastique, sans élastique !

Me voilà donc partie, un vendredi après-midi, avec une motivation proche de -1000, mini valise dans le coffre, et aimable comme un employé de pompes funèbres pour passer ce qui devait être un we des plus romantiques, avec deux cents dentistes passionnés de gencives qui saignent et de chirurgie ma-fa. Youki !

L'auberge dans laquelle je suis logée à au moins cela pour elle d'être située dans un cadre splendide. Parc immense, petit ruisseau, guirlandes de lumières partout le long de l'allée. Bam! Tout cela a pour effet instantané de me rappeler où, pourquoi, et avec qui j'aurais dû me trouver à cette heure-là. Achevez-moi, je souffre !

C'est en arrivant dans ma chambre, en traînant des pieds et le regard noir, que je trouve un petit mot. « Salle de bain ». Je me dirige donc, pantoise, vers la salle de bain, et y découvre une robe de soirée magnifique sur laquelle est épinglée un nouveau petit message. « Réception vingt heures trente »

Intriguée, je passe la robe, me maquille et sors mes escarpins de la valise. Quelle plaie! J'aurais bien gardé mes baskets aux pieds. J'hésite tout de même quelques secondes, oserais-je la porter avec mes sneakers roses? Naaaaaaan... Je suis obligée de faire honneur à cette superbe robe noire, dos nu. 
C'est bien la première fois que mes employeurs m'offrent une robe - et quelle robe - pour assister à la réception de lancement d'une conférence.

Le jeune serveur qui m'attend à l'entrée du « jardin des saveurs » me demande de le suivre. J'obtempère. Nous traversons le restaurant, la terrasse, puis empruntons un minuscule chemin de dalles bleues.

C'est à ce moment-là que mon cœur manque de s'arrêter. Il est là, debout, incroyablement sexy. Il pose un genou à terre et me tend la main. Le jeune homme me fait signe de continuer à avancer sans lui et rebrousse chemin pour nous laisser seuls, au milieu de cette clairière, sous ce petit pavillon où trône une table éclairée à la bougie. Je vous passerai les détails du reste de la nuit.

Mais tout ce que je peux vous dire, c'est que j'ai dit oui, et que je n'ai rien vu venir ! D'ailleurs, j'ai encore du mal à croire tout cela est arrivé ! Imaginez un peu ça ! Je me marie ! C'est dingue ! Et comme toujours, ma journée avait commencé comme toutes les autres !